Accès direct aux kinésithérapeutes : vers la fin de l'ordonnance pour certaines douleurs
Vous arrivez un samedi matin avec une cheville qui a tourné sous la douche, et la première question qui se pose n'est plus « comment obtenir un rendez-vous chez le médecin avant de voir le kiné ».

Le Conseil des ministres belge a approuvé vendredi, sur proposition du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, un projet d'arrêté royal qui ouvre, pour certaines situations musculosquelettiques, un accès direct au kinésithérapeute tout en conservant le remboursement par l'assurance maladie, comme le rapporte lespecialiste.be.
Concrètement, les patients souffrant d'affections courantes comme une entorse de la cheville ou un tennis elbow pourraient être pris en charge sans ordonnance préalable. L'objectif affiché par le ministre: éviter le ping-pong entre consultations et désengorger la médecine générale. « Nous faisons en sorte que quelqu'un qui aurait une entorse à la cheville ou un tennis elbow puisse être aidé. On évite ainsi qu'une personne doive passer d'une consultation à une autre », explique Frank Vandenbroucke. « On soulage aussi en même temps la pression sur les médecins généralistes. »
Un cadre strict pour garantir la sécurité
L'accès direct ne sera pas ouvert à tous les traitements ni à tous les praticiens. Seuls les kinésithérapeutes répondant à des exigences précises de formation et disposant des compétences requises pourront proposer cette prise en charge. Le SPF Santé publique tiendra à jour la liste des professionnels habilités, qui devront par ailleurs faire connaître publiquement cette habilitation.
Avant de commencer le traitement, le kinésithérapeute devra suivre un processus d'évaluation par étapes afin de déterminer si la situation du patient se prête réellement à une prise en charge sans avis médical. Un mécanisme de renvoi temporaire vers un médecin est prévu lorsque la situation l'exige, afin de préserver la qualité des soins. Par ailleurs, lorsque le médecin traitant est connu, il devra être informé du traitement au début, pendant et à la fin de la prise en charge. Le nombre de séances réalisées sans prescription sera limité à sept par an pour une même pathologie.
Ce qu'il faut retenir pour votre pratique
Pour vous, patient(e), cela signifie qu'une douleur musculosquelettique courante pourra être adressée plus rapidement, sans passer systématiquement par le médecin traitant — un soulagement réel quand chaque jour d'attente pèse sur le confort de vie. Pour les kinésithérapeutes, cela suppose de vérifier son inscription sur la liste habilitée, d'afficher cette autorisation de manière visible et d'intégrer l'évaluation par étapes à son protocole d'accueil, en restant attentif aux signaux qui doivent déclencher un retour vers le médecin.
Le projet d'arrêté royal est désormais transmis au Conseil d'État pour avis. Avant toute entrée en vigueur, plusieurs étapes réglementaires restent donc à franchir: il conviendra de suivre de près la liste finale des pathologies retenues dans le périmètre de l'accès direct, ainsi que les modalités précises de formation exigées des praticiens habilités.