Soins transfrontaliers en Thiérache : une coopération franco-belge pour les familles
L'Agence régionale de santé Hauts-de-France accompagne, en Thiérache, une coopération franco-belge destinée à renforcer l'accès aux soins des femmes, des mères et des enfants de ce territoire transfrontalier.

Cette démarche s'inscrit dans un contexte local marqué par des fragilités bien réelles — éloignement, fermetures de structures, professionnels en nombre insuffisant — où chaque kilomètre supplémentaire pèse sur le quotidien des familles. Pour notre pratique, qui s'attache à considérer la personne dans sa globalité, ce type d'initiative parle un langage familier: celui du parcours coordonné, où la santé n'est plus fragmentée mais pensée comme un continuum.
Un projet né d'un besoin concret
Le Pôle Femme-Mère-Enfant de la Thiérache — PFMET — bénéficie du soutien du programme européen Interreg VI France-Wallonie-Vlaanderen, financé par l'Union européenne au titre du Fonds européen de développement régional. L'ARS Hauts-de-France y agit en qualité d'opérateur chef de file, entourée d'acteurs variés: le Centre Hospitalier de Fourmies, le Centre de Santé des Fagnes à Chimay, le groupe HUmani, le Centre Hospitalier d'Hirson, le Centre Hospitalier de Valenciennes, Solidaris et l'Assurance Maladie.
L'un des éléments déclencheurs fréquemment évoqué est la fermeture de la maternité de Chimay en 2024, qui a rappelé avec force combien la frontière administrative peut devenir un obstacle dès qu'il s'agit de soins urgents ou spécialisés. Le projet propose précisément de dépasser ce découpage, en construisant des complémentarités concrètes entre établissements et professionnels, pour que la prise en charge ne s'arrête pas au passage de la limite franco-belge.
Ce que cela change concrètement pour les habitants
L'ambition affichée est de réduire les ruptures de parcours et de permettre aux femmes, aux enfants et aux familles d'être accompagnés de façon fluide, quel que soit le côté de la frontière où ils se trouvent. La démarche s'inscrit par ailleurs dans la dynamique du Pacte Sambre-Avesnois-Thiérache, ce qui lui donne un cadre politique et territorial plus large.
Pour vous, patiente ou professionnel de proximité, l'enjeu est tangible: savoir que des passerelles existent entre soignants des deux pays, c'est pouvoir orienter plus sereinement une jeune mère, un nourrisson nécessitant un suivi spécifique, ou une famille installée à la lisière des deux régions. La santé, dans cette vision, retrouve sa dimension la plus simple et la plus essentielle: celle d'un accompagnement continu, construit sur l'écoute et l'adaptation au réel du terrain.
Ce que l'on peut suivre dans les prochains mois
Le PFMET étant encore en phase de structuration, plusieurs éléments méritent d'être observés de près: la mise en place effective des coordinations entre établissements, la lisibilité des parcours pour les habitants, et la place qui sera accordée aux professionnels de ville — dont les kinésithérapeutes — dans ce maillage. Une question mérite aussi votre attention: celle de l'évaluation concrète des bénéfices sur le terrain, au-delà des annonces institutionnelles.
Dans un territoire où la mobilité reste souvent un frein, ces coopérations transfrontalières dessinent, pas à pas, une approche qui rejoint notre manière de penser le soin: globale, contextualisée, et tournée vers la qualité de vie quotidienne.